INITIATION

En 2015, je découvre avec fascination le travail de la talentueuse Sika Viagbo grâce à un reportage présenté par La Maison France 5. Début 2016, je tombe par hasard sur une revue de décoration qui présente des créations en mosaïque. Je fais alors des recherches sur internet et les œuvres que je découvre m’émeuvent si profondément que je ressens le besoin immédiat de me rapprocher de cet univers artistique. Le jour même, je m’inscris à un cours de mosaïque à Genève. Je découvre alors le plaisir de découper des carreaux de faïence et de pâte de verre, que je réassemble ensuite au gré de mon imagination. Mais je réalise très vite que j’ai besoin de travailler des matériaux plus primaires, naturels et bruts. Je veux travailler la pierre.

Je me rends à Paris pour réaliser un stage d’initiation avec la maître mosaïste Giovanna Galli. Cette première expérience prend pour moi des allures de rite initiatique. Renouer avec ce lien ancestral qui unit l’homme et la pierre qu’il façonne, tout comme l’apprentissage de gestes immémoriaux – dessiner, découper, préparer le mortier, puis, enfin, assembler et créer – provoque chez moi la sensation puissante et apaisante d’un retour aux sources. C’est une révélation.

Je poursuis ma formation auprès de Giovanna Galli et d’Henri-Noël Aubry jusqu’en 2017 et m’installe en parallèle dans un atelier de mon quartier où je réalise mes premières créations personnelles. Je décide de lancer Opus Incertum en août 2018. On pourrait traduire ce terme par « œuvre irrégulière » ou « œuvre incertaine ». Il désigne une technique d’assemblage très utilisée par les Romains dans l’Antiquité, qui consiste à découper et poser les tesselles au hasard. J’y vois un parallèle évident avec la manière donc chacun est amené à construire sa propre route, pierre après pierre, retaillant les contours quand c’est possible, composant avec les aléas le reste du temps.

MON TRAVAIL

Le choix du dessin ou du motif que je vais réaliser marque le début du lien qui va se tisser avec mon œuvre et qui va se renforcer tout au long du processus de création. Le travail de découpe de la pierre à la marteline est un moment éprouvant, qui nécessite force et précision. La préparation du mortier de ciment est une phase plus apaisante, où l’onctuosité de la matière poudrée qui se liquéfie peu à peu adoucit l’instant. La phase de pose, enfin, soulage des efforts précédents et me transporte dans un état de conscience intense, totalement présente à l’œuvre qui se dessine à mesure que les tesselles s’imbriquent et s’alignent, révélant ici et là une aspérité, un scintillement particulier, une nervure inattendue, qui les rendent toutes uniques et qui suscitent à chaque fois en moi une émotion profonde. Chacune de mes œuvres est une pièce unique, entièrement réalisée de manière artisanale. Toutes les œuvres sont signées et livrées avec un certificat d’authenticité.